mardi 2 juin 2009

Va te faire foot : 25 ans de Football à la Bordelaise…




Fin de saison et victoire des girondins obligent il fallait que je me penche sur le foot. D’autant plus que certains d’entre vous m’ont clairement suggéré d’aller faire faire un tour de pelouse à mes chroniques. Alors j’en profite…

Pardonnez la plume rouillée par des mois de slogans publicitaires mais ça va revenir. Foot disions nous, je suis loin d’être celui à qui l’ont demande le nom du latéral droit des Pingouins de Libourne en 1987 ou encore sur quel score Guingamp a brillamment écarté Gueugnon lors d’un match au suspense haletant. Non et je trouve d’ailleurs suspect les connaissances précises de certains en la matière. Non je me suis forgé une contre-culture du football et du sportivement incorrect. J’ai plus de nostalgie pour les cassettes vidéo de bêtisiers des gardiens essentiellement nourries par mon Gaëtan Huard que pour les 100 plus beaux buts de Zidane. Pardon pour les autres mais cette chronique se place du point d’un bordelais de naissance et comme tout le monde le sait on ne découvre souvent le football que part la lorgnette de son club d’enfance.

Quoiqu’on en dise, des accrocs au sport à ceux qui s’en branlent (comme moi), on a tous une histoire avec le foot, même les filles s’y sont mises en 1998 c’est dire. Mes premiers souvenirs remontent à l’enfance ou sans vraiment savoir pourquoi des tas de mecs étaient chez moi autour de mon père et criaient devant la télé. Ça riait fort, ça croquait nerveusement dans tout ce qui passait, ça fumait, ça criait, et moi ça me faisait marrer. C’était la demie finale 1987 de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe de football, Bordeaux perd au tir au but contre le Lokomotive de Leipzig. J’ai gardé le fanion souvenir du match des années sur le mur de ma chambre.

Ensuite est venu l’âge de la pratique sur les terrains en bitume d’une école primaire privée Bordelaise. Fan d’Olive et Tom, j’essayais de déformer le ballons et tirant des pointus, sans succès. Les premiers passements de jambe, les tacles glissés qui se terminent à l’infirmerie, les premières étincelles de certains et les difficultés d’un petit gros à trouver sa place sur le terrain, histoire de ne pas être le dernier choisi dans la constitution des équipes. Le petit gros c’était moi évidemment. Ni brillant en dribble, ni éblouissant en frappe, je me suis spécialisé en blague. J’ai pourtant poussé le vice à m’inscrire en club, mais ça n’a pas duré longtemps. Mes parents ne voulaient pas que le sport empiète sur mes études et m’interdisaient de faire les matchs le week-end. Déjà que j’étais une flute, en plus ne pas jouer les matchs, les entraineurs m’ont vite fait comprendre qu’il fallait que je change de sport. Je me suis vengé sur mon Atari 520ST en jouant à Kick-Off.

Puis est venu 1990 et sa coupe du monde Italienne, sans la France. Obligé de soutenir des adversaires de la France, choix compliqué. Les italiens simulaient déjà, les anglais avec Waddle me rappelaient trop Marseille (anachronisme et chauvinisme flagrant) et l’Amérique du sud, mouais trop loin, l’Allemagne venait de se réunifier, ça semblait être le meilleur cheval… Du foot au réveil, à midi, au gouter et le soir. Un album Panini terminé plus tard, j’étais fou de l’équipe de RFA. Klinsmann, Völler, Matthaus, Berthold. Un foot rugueux et précis. Une belle compétition.

1994, Ginola nous disqualifie de l’US World CUP. J’arrête de supporter la France jusqu’à un certain été 98.


Place au club, les premiers matchs en tribune, les premières causeries de PMU, avant Marseille c’est le tour de Bordeaux de plonger en D2 sur avis de justice. Une année seulement, sans doute parce que l’équipe comptent désormais Dugarry, Lizarazu et Zidane dans ses rangs. Une année de folie… De l’intertoto à la finale de l’UEFA, le match contre Milan, défaite 2-0 chez eux et l’inoubliable 3-0 à Lescure. Et la défaite contre le Bayern en finale à cause notamment d’un festival de « KAHN » ! En championnat Huard régale et passe numéro 1 des gardiens butteurs contre leurs camps. Les flèches quittent le club, on ne garde que les flutes l’artilleur Paolo Gralak, Grenet, Tholot… Il faudra attendre 8 ans avant le sacre.
L’ère bordelaise de Bez croise et heurte la quasi décennie OM-Tapie. Une tête de Boli face au Milan AC "suffit" à faire entrer le club marseillais dans la légende, Bordeaux sombre en milieu de tableau et Marseille s’envoie au firmament. Tapie passe la vitesse du son sur un trajet OM-VA et explose à l’ombre quelques années.



Après eux le foot se transforme, devient business, les salaires s’affolent, les joueurs deviennent des stars, Olmetta chante, Cantona ouvre le marché à l’export en devenant le roi du foot mancunien, Nike glorifie le sport en clipant un spot d’enfer d’une minute trente et la France par la bouche du même grand Canto dit « AU REVOIR » au foot de papa.



A la télé deux écoles s’affrontent, le duo Roland-Larqué est la voix off officiel des grandes rencontres, ils sont chauvins et même s’ils s’engueulent à l’antenne, ils semblent indétrônables. De l’autre côté, il y a Canal, du foot champagne, de nouveaux angles, des stats indispensables… Deux styles…

98 arrive à grands pas, Jacquet est publiquement insulté, la France organise l’événement et malgré notre équipe désespérante de chèvres tel les plus grands Boguossian, Diomède, Petit, Guivarch VRP piscine aujourd’hui ou encore Lama, voilà, malgré eux on annonce une bien jolie fête du football. On connaît le parcours. Perso, j’ai commencé à y croire le soir de la victoire contre la Croatie. Thuram qui marque, ça sentait le parcours improbable. J’étais perdu dans les Pyrénées le 12 juillet 98 et la France a gagné. Calme, mais belle soirée.

Zidane est sacré Dieu Vivant… A mon plus grand désespoir. Il m’afflige pendant tout l’été à risquer la syncope à chacune de ses interventions. Délégué de ceci, ambassadeur de cela, pour un mec qui ne parvient pas à respirer et à parler en même temps c’est trop. Certes il finissait souvent bien ses actions, mais seul sur un terrain il ne servait rien, bourrin, coutumiers du carton rouge je ne vois pas en quoi être bon en foot peut donner un quelconque bon exemple aux gamins. Bref…

99 ça repart de plus belle, un championnat qui se joue le dernier soir. Bordeaux doit gagner contre le PSG pour remporter le championnat face à Marseille. 90 minutes de folie, Bordeaux tenu en échec 2-2 face à Paris, l’OM est mathématiquement champion jusqu’à cette 89ème minute et le but de Feindouno qui crucifie Marseille et enflamme la ville de Bordeaux, de la Victoire jusqu’au Quinconces.



Les femmes prennent le pouvoir, un peu… Estelle Denis s*** Domenech et s’installe sur M6, les écrans se féminisent un peu et c’est tant mieux. Les nanas s’incrustent dans les soirées télé-radio-bières-foot, un plus incontestable pour ceux qui ne venaient pas que pour voir un match…

2000-2009, on continue à parler foot, on gagne l’Euro puis c’est la longue chute, le foot devient le domaine des financiers et des actionnaires, la France ne suit pas et ne parvient plus aux titres européens. Quelques éclairs dans le jeu, mais rien de plus.

Lyon s’impose en France intelligemment et sportivement mais sans passion. Une fois, deux fois, cinq fois, sept fois et c’est la mort du championnat. On regrette presque les matchs truqués et la polémique. Le spectacle n’est plus sur le terrain, il est sur les affiches et les films publicitaires. Qui pour quels sponsors voilà où est le match.

Et voilà que le week-end dernier, on m’a secoué les poils comme à la belle époque. J’ai commencé à suivre le championnat samedi dernier quand Bordeaux pouvait tuer le championnat, pour dire… Et samedi dernier, avec des bordelais expatriés, je me suis mis à crier sur le but de Gouffran, à frissonner en voyant les images de Bordeaux en flamme… Bref j’y étais. Comme quoi ça marche encore ce con de sport !


J’aurai pu évoqué les plus belles coiffures des 80’s, le mythique Téléfoot sur Tony Vairelle et sa mère, les pires tanches du siècles à la Joseph Antoine Bell, la main de dieu de Maradona, les bons ou les mythiques parce qu’il y en a eu, Giresse, Tigana, Sauzée, Enzo Scifo, Seedorf (et pas Tiguana, Franck Sauzé, Enzo Schiffo, Gullit, Van Basten, Seadorf, merci pour eux Tibo), Olive et Tom, les débats sur les maillots, la vidéo, etc… Mais je vais vous laisser faire…

3 commentaires:

Tibo a dit…

Tiguana, Sauzé, Schiffo et Seadorf sont les noms qui étaient imprimés sur les maillots du marché de Vintimille.

fille facile a dit…

moi ce que j'aime le plus dans le foot, c'est les gossips sur les femmes de footballeurs. Comme quoi, tout le monde y trouve son compte !

Yann-Yves a dit…

Tu ne parles même pas de Jean-Pierre Papin... Je suis déçu. Et triste.