En entrant dans la première salle qui compose la rétro sur le travail de portraitiste de Warhol au Grand Palais, j’ai eu envie de citer Jacques Chirac, allez savoir pourquoi… A l’instar du « Pschhhhiiitt » qui a suivi la rumeur « de son implication dans des affaires abracadabrantesques », mon estime inébranlable pour celui que je considèrais comme l’incarnation de la quintessence créative au service de l’art a fait « Pschhhhiiitt ! ». Un « Pschiiitt » triste à fendre le cœur, tel un soufflé trop arrogant, légèrement trop enflé par la critique, le soufflé Wharhol s'est écrasé mollement, balayant d’une expiration tout l'enthousiasme et la joie anticipée d’une dégustation gourmande et hédoniste.

Le flottement passé, je me suis tour à tour posté face aux portraits les plus cultes de ce Pape du Pop Art et plus largement devant les œuvres qui constituent à elles seules des pans entiers de l’iconographie du 20ème et du 21ème siècle. Et là face au Marylin, Liz, Jackie et les autres, rien, enfin rien, rien de plus que le sentiment déjà éprouvé en face d’autres sérigraphies de l’artiste. Pas d'avantage de matières, pas de coups de pinceaux de génie, rien de plus à voir que la flamboyance et la pénétrante vitalité des couleurs appliquées par touches ou par masques.

On suit alors le cheminement de l’artiste, du Polaroïd au carré, de l’instant volé au culte intemporel. Les visages se décomposent, se colorent, se recomposent… Andy Warhol débute comme publicitaire et c’est très réducteur mais on peut lire ces tableaux comme de fabuleux concepts qui ont fait de lui le génie connu et reconnu par tous à juste titre, avec un rendu industriel. Warhol ne peint pas, il imprime, il sérigraphie à la chaîne, 25 000 $ le premier portrait, 15 000 $ les suivants. Il justifie cette productivité en se comparant au chirurgien réputé qui opère à la perfection sans pour autant se pencher d’avantage sur la personnalité de son patient.
Warhol n’est pas un peintre et l’exposition relève très bien ce paradoxe. Warhol est le premier GRAPHISTE de l'histoire. Il se joue de l’image, réinvente les codes, maîtrise à la perfection les couleurs et invente le business de l’art.
Les vidéos et les photos dévoilent la douce folie des clubs des 70’s aux USA, les mondains, les excentriques, les friqués, Andy les séduit, les vampirisent et vend. A ce jeu là il formera et inspirera les Keith Haring et Jeff Kuntz.
En arpentant les sages couloirs de la rétro on ne peut être qu’admiratif devant les portraits des gens qui comptaient pour lui. La série sur Basquiat en est la preuve.

Un artiste de génie, un vendeur hors pair, un graphiste d’avant garde, une magnifique éponge emplie de l’air de son temps, un précurseur, une seule bonne idée, une vie, l’exposition du grand palais a au moins le mérite de nous permettre de faire un point un peu plus objectif sur cet artiste de génie incontournable et légèrement surévalué.
1 commentaires:
Bim.
Va voir à la Maison Rouge si les images animées du petit génie te font plus d'effet.
http://www.lamaisonrouge.org/fr/fiche.php?section=menu05&fiche=105
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